Partie 2 – Irlande sauvage

Irlande


   Nous sommes actuellement à quelques kilomètres de Larne où notre traversée de l’Irlande touche à sa fin…

Mais je ne vais pas tout relater se qui nous est arrivé jusqu’ici. La partie que je vais vous raconter a été pour ma part, ma préféré jusque là de tous le voyage.

C’est donc à Galway que je m’étais arrêté dans le dernier récit, où nous nous apprêtions à entrer dans la fameuse région du Connemara.

Aaaa le Connemara, se nom résonnait dans mes oreilles comme une promesse de paysages grandioses et de solitude. Nous n’avons vraiment pas été déçus là dessus.

Le matin du départ de Galway, c’est après un bon petit déjeuné au porridge que nous faisons nos aux revoir à Paul et Isabelle, chez qui nous avons vraiment passé un bon moment.

Quelques kilomètres plus loin, nous apercevons au loin l’océan qui se dessine à l’horizon et, une fois arrivée sur la côte, nous essayons tant bien que mal de la suivre en direction de l’ouest. Je dis tant bien que mal car au début nous pensions que suivre la côte allait se faire par des beaux sentier sur le bord de l’océan mais malheureusement cela ne s’est pas déroulé comme cela.

Toute la journée nous avons été contraint de marcher sur une route assez bruyante qui longeait l’océan et bien sur, ce dernier nous était caché par des maisons et autres bâtiments.

Moi qui était partis avec les écouteurs sur les oreilles passant en boucle « Les lacs du Connemara » de Michel Sardou, j’avoue les avoir vite retirés tant j’ai été déçu de se début !

Evidemment pour couronner le tout, la pluie battante vint s’en mêler et lorsque la nuit fut tombée, nous marchions encore, trempé.

Nous trouvons refuge sous la terrasse d’un pub et c’est ici que Padraig, un ami de Isabelle qu’elle avait appelé pour nous, vient nous chercher pour nous emmener dans sa maison, et il se trouve que cette maison se trouvait sur une île !

L’accueil qu’il nous fit fut vraiment mémorial. Après nous avoir installé dans une grande chambre (avec des bons lits moelleux) et après avoir pris une bonne douche, Pardaig nous fit un repas bien Irish et bien sur les guiness et le whisky ont suivies par la suite. Après une journée aussi longue, autant vous dire que la fatigue et l’alcool aidant, nous étions ivre de fatigue ! Mais bon la soirée fut très agréable et Padraig a pu nous faire découvrir a travers ses musiques et ses légendes  (celles que l’on a réussi à comprendre bien sur !) l’Irlande profonde.

Le lendemain, après une bonne nuit réparatrice, nous lui demandons si il serait possible de rester une journée supplémentaire afin de se reposer ; et c’est d’accord !

Durant la journée, nous avons pu ainsi faire le tour de l’île avec ses 2 magnifiques chiens et le soleil étant au rendez-vous, les paysages des alentours se sont révélés d’une grande beauté ; calme, récifs, océan, plages rayonnantes, bref le bonheur.

Nous avons pu ainsi tenir à jour le blog, envoyer quelques mails, laver nos affaires et bien sur profiter de chaques instants qui se sont révélés uniques.

Padraig nous a aussi beaucoup renseigné sur le Connemara et c’est avec une meilleur connaissance de la région que nous repartons le lendemain matin.

Après avoir rejoint la terre ferme en traversant successivement les 3 îles reliant celle de Padraig, nous prenons la direction de Maum, le village où passe la Western Way : un chemin de randonnée traversant le Connemara pendant plusieurs jours.

Le route que nous avons suivi pour y aller était vraiment impressionnante : elle sillonnait tout simplement au milieu de nulle part. Des montagnes se dessinant au loin, des plaines marécageuses, des lacs, des moutons et l’horizon à perte de vue ; voici se qui c’est offert à nous durant cette journée. Et l’ambiance s’en résultant donnait une telle sensation d’immensité que par moment, ils nous arrivaient  de nous croire sur une autre planète.

La nuit arrivant et ne trouvant pas d’abris pour la nuit, faute de maison, nous plantons la tente sur un petit coin d’herbe, près de la route car les terres tout autour étaient vraiment marécageuses.

Le lendemain matin nous reprenons notre route et arrivons à Maum vers midi. Après avoir acheté des provisions pour quelques jours et avoir repéré la Western Way, nous nous engageons sur le sentier.

Ce dernier nous menait à travers une vallée entre deux montagnes, puis montait, toujours plus haut, à travers elles. Les paysages étaient tout bonnement à couper le souffle.

Je dois dire que la mauvaise impression du début c’est vite envolée tandis que se dévoilait peut à peut à nos yeux, la véritable image de l’Irlande.

Au sommet, une église ainsi que un chemin de croix avait été construit contre la roche et cela donnait à l’ensemble un formidable rendu.

Le soir, après avoir redescendus la vallée par l’autre côté, nous sommes reçu par John, qui nous fit dormir dans son hangar à moutons et nous invita à boire le thé.

Le lendemain, ayant neigé durant la nuit, les montagnes aux alentours avaient pris une tout autre allure et apparaissaient tout autant magnifique que menaçante C’est donc dans la joie et la bonne humeur que nous repartons.

La journée fut plus que magique : les paysages que nous avons traversés étaient différents de ceux d’hier mais l’impression d’immensité demeurait.

De toute part s’étalait devant nous des champs de tourbe (Turf en anglais) ; mais qu’est ce que la tourbe ?? Les tourbières sont des zones très humides en eau généralement acides et stagnantes. La matière végétale dans se milieu se décompose très lentement et s’accumule progressivement afin de former un dépôt appelé tourbe.

L’Irlandais se chauffe principalement avec cette matière car les forêts de son pays ne sont pas assez nombreuses pour lui permettre de les utiliser comme bois de chauffage.

C’est donc un peu partout que nous apercevons des petits tas de tourbe séchant le long des chemins.

En fin de journée nous arrivons dans un village du nom de Leenaun, puis après avoir suivi la route goudronnée sur quelques kilomètres nous retrouvons notre chère Western Way.

Cette fois-ci nous suivons une rivière serpentant au milieu d’une immense vallée d’un vert éclatant où gambadait paisiblement des centaines de moutons vivant en semi liberté. Fort heureusement nous trouvons une maison au crépuscule acceptant de nous loger dans leur cabane de jardin.

La journée du lendemain fut très éprouvante : nous avons continué à suivre le sentier à travers les vallées et les forêts et en début d’après midi nous fîmes l’ascension d’une montagne où la neige et le vent était présent tout au long de la montée. Comme il n’y avait pas de chemin pour accéder au sommet, nous sommes donc passé au milieu des landes marécageuses qui, au fur et à mesure que nous progressions en altitude, se transformaient peu a peu en glace.

Et quel bonheur se fut d’arriver en haut et de voir s’étendre devant nous un nouvel horizon de plaines et montagnes désertiques.

La redescente se fit s’en encombres bien que les marécages eurent finis de nous mouiller les chaussures ; et nous arrivons enfin sur une petite route goudronnée.

Mais la nuit est vite tombé et c’est sur cette petite route perdu que nous nous retrouvons, seule, affamé (nos provisions étaient presque à sec), grelottant et surtout fatigué des kilomètres de la journée ainsi que de l’ascension de la montagne qui nous avaient vidé de toute notre énergie.

Mais alors que nous nous préparions à passer la nuit sous la tente, nous apercevons au loin une ferme. Et c’est ainsi que nous nous retrouvons installé dans un hangar au côté d’une trentaine de moutons !

Et notre hôte vint même à nous apporter le thé, les biscuits et des provisions !

Le levé du soleil du matin, éclairant petit à petit le paysage magnifique des alentours, à bien commencé la journée ; Au bout d’une heure de marche, apparu devant nous la fameuse montagne St Patrick ou Croagh Patrick. Le sommet n’apparaissait même pas tant le brouillard, le vent et la neige avaient l’air de régner en haut.

Après quelques hésitations nous décidons de la gravir !

Pendant plus de 3 h nous progressons sur le chemin, ou plutôt un pierrier dont la pente était inclinée à 45 degrés. Les conditions climatiques étaient tout bonnement affreuses : Vent glacial, neige et bouillard épais.

Enfin nous arrivons au sommet, où une église dédiée à St Patrick s’y élève majestueusement.

Et quel bonheur nous avons ressenti de se trouver à cette endroit, seul et épuisé après cette longue ascension. Il y a des moments qui reste gravé à jamais dans votre mémoire et pour ma part, ce moment en fut le cas.

Quelques heures après être redescendus et avoir retrouvé la civilisation nous arrivons dans la ville de Wesport où nous y passerons la nuit (encore dans une cabane de jardin!).

Le lendemain, nous avons suivis une voie verte jusqu’à Newport. D’ici la nous retrouvons par hasard le balisage de la Western Way, la voie que nous avions pris pour le Connemara, et partons en direction de nouvelles montagnes et aventures.

Le chemin suivi passait au milieu d’une immense vallée verdoyante mais le seul hic de tout cela, c’était encore et toujours les marécages que nous étions obligé de traverser.

Le jour déclinant rapidement, nous décidons de quand même continuer et après un coucher de soleil merveilleux, nous nous retrouvons encore dans la nuit, au beau milieu de montagnes…

Heureusement nous trouvons une ferme sur le chemin et le propriétaire consente à nous laisser dormir dans sa grange.

C’est le lendemain que les choses ont commencé à se gâter : Abandonnant la Western Way du fait qu’elle différait de notre itinéraire, nous décidons de rejoindre Balina  par la route, et la pluie, qui nous avait quelques peu épargnés jusque la, a sévi toute la journée, et à la nuit tombé, nous nous retrouvions sur une route assez fréquenté, trempé et essuyant refus sur refus pour trouver un abris. Enfin, une famille consente à nous installer dans sa cabane de jardin où nous avons passé la nuit à entendre souffler au dehors le vent et la pluie.

Et le lendemain rebelote ! Mais bon, nous arrivons quand même à Balina, une très jolie ville réputée pour sa production de saumon.

Le soir, au abord de la ville, nous commençons notre recherche d’abris. Mais alors que nous n’avions même pas finis de nous présenter, Brandon nous fit entrer et, après nous avoir servis le thé, il nous invita à manger et dormir dans de bons lits !!

Durant la soirée, nous avons pu découvrir sa famille et, ensemble, avons passé un très bon moment de partage et d’échange.

Après les adieux du lendemain, nous reprenons la route en direction de la ville de Sligo.

Bien sur, inutile de vous préciser que la pluie et le vent était au rendez vous…

En fin d’après midi, sur une petite route de campagne, une personne en vélo nous croise, et après nous avoir parlé quelques minutes, nous invite dans son camp de vacance situé à une heure de marche. Pas très rassuré au début, nous y allons quand même et l’accueil que l’on nous fit par la suite fut vraiment génial.

Dermot, un fermier dont les autres occupations, en dehors de son métier, sont de tenir un camp de vacance et de louer des châteaux gonflable nous fit rencontrer sa famille et nous offrit un énorme brunch.

Nous avons bien rigolé durant cette soirée et le lendemain on nous fit découvrir l’attraction du coin : La statue du Mass Rock et ses alentours. L’histoire de ce monument ; bien que l’on ne l’a pas compris entièrement, était très intéressante.

Il nous indiqua en plus, pour notre plus grand bonheur, un nouveau chemin de randonnée : La Sligo Way.

Tout au long de la journée nous avons donc suivi cette voie nous faisant passer par des plaines désertiques, contourner des lacs superbes ou encore, nous faisant suivre de très belles route de montagnes.

Le soir, après plus de 2 h à demander un abri, en vain, nous continuons à marcher malgré la fatigue. A 21 h, après 39 kms marché, nous sonnons à une maison sans vraiment d’espoir…. Mais une bonne étoile veillait sur nous ! Andrew et Karen nous installèrent pour la nuit dans leur caravane et quelques temps après s’être installé, ils nous apportèrent sur un plateau : pizza, potatoes, yaourt, fruit, thé et Guiness. Nous n’avions pas les mots pour leur exprimer notre reconnaissance. Après se festin, il ne va pas s’en dire que, étant crevé de la journée, nous nous endormons direct ! Mais se qui a été touchant dans cette rencontre c’est que cette famille a tous de suite vue que nous n’en pouvions plus car après nous avoir installé et nourris, ils nous ont laissé nous reposer seul et nous n’avons même pas pu les remercier le lendemain car ils étaient partis travaillés.

Voila, il est très dure d’exprimer le ressenti de cette semaine simplement sur quelques lignes. Les rencontres que l’on a fait, bien que certaine ont été exceptionnelle, n’ont pas été le point fort de cette période. Non, se qui a vraiment été marquant, ce sont les paysages que l’on à traversé, et cela en étant pour la plupart du temps seul au milieu de tout.

Et le temps passe…voila déjà 3 mois que nous marchons, plus de 2200 kilomètres nous séparent maintenant de Lyon. C’est une impression bizarre de vivre  en quelques sorte cette vie de nomades, ne jamais savoir ou est ce que l’on va dormir le soir, faire des rencontres unique chaque jour, accepter l’imprévu telle qu’il nous arrive, vivre 24h sur 24h avec son compagnon.

Sous peu, nous vous ferons parvenir le 3ème et dernier récit de nos aventures en Irlande, d’ici la on vous dit à bientôt et surtout n’hésitez pas si l’envie vous prend, de venir nous rejoindre, que se soit pour une journée ou pour un an !

Jérôme

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La maison de Padraig, sur son île

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Les lacs du Connemara

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L’impression d’immensité est là

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Un peu de poésie dans cette image

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La neige est présente

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Les montagnes St Patrick nous apparaissant au loin

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L’ascension ne se fit pas s’en encombres

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Repas servi par nos 2 hôtes mystérieux dans leur caravane

 

 

Une réflexion au sujet de « Partie 2 – Irlande sauvage »

  1. C’est toujours avec beaucoup d’émotions pour vous deux que nous suivons votre parcours :-) bravo pour votre « grimpette » du Mt Patrick! Car déjà en été il n’est pas forcément simple à atteindre alors en hiver et sous la neige: congratulation! Et encore bonne continuation à vous stephanie et mickael

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